Tuesday, October 24, 2006

Pandouille à New York 1- quand Suellen cotoie Mister Big

Premier soir et premier jour :

Nous sommes donc partis en quatrième vitesse de Siddall avec Alex (je rentrais du cinoche, et pour couronner le tout j'avais oublié ma clef à l'intérieur de ma chambre, avec la réservation dedans, et sans coloc pour m'ouvrir, la panade... heureusement, j'ai pu récupérer le barda fissa). Nous sommes donc arrivés à la station de bus Greyhound (l'emblème de la compagnie, il faut le savoir, est un lévrier... après 20 h dans le bus on a pu constater que l'emblème aurait mieux fait d'être un basset hound...) pour faire la queue.
Le bus était assez folklo : ils nous ont éteint les lumières direct (tant pis pour ma lecture d'analyse des investissements), et alex a juste eu le temps de caser ses grandes jambes dans l'espace disponible (pourquoi faire de si petites places alors que les ricains sont gros?). Arrivés à colombus, nous refîmes la queue, donc à minuit.

Manque de bol, le mec qui filtrait les gens à l'entrée du bus (afro-américain et aussi long que large) nous a refermés la porte au nez (comme quoi j'aurais dû plus regarder motus, boule noire = malchance, pour ceux qui trouvent que cette blague est de mauvais goût, réécoutez l'oeuvre intégrale de Michel S., en particulier ce passage édifiant, plein d'analyse géopolitique:

"Ils ont le pétrole,
Mais ils n'ont que ça.

On a des idées,
Un gaspy futé
Un Martel à Poitiers.

(ouais après tout les rebeus c'est un gars de chez nous qui les a arrêtés!)

Ils ont les dollars.
C'est très bien.

Nous, des têtes de lard
De gaulois grognards
Et chauvins.

Cett'chanson s'adresse
A un brav'garçon
Qu'on appelle Altesse
Un ami d'pension.

Quand ton puits s'ra sec... plus d'jus dans l'citron,
Plus personne à la Mecque,
Viens à la maison."

(en gros vous pourrez toujours venir pleurer...)


Première estimation : quatre heures d'attente dans la gare de Colombus. Puis vingt minutes... Une femme maigrichonne à cheveux longs type ex baba nous a proposé un chocolat, avant de nous demander, l'air illuminé, si nous connaissions l'Eglise Machinchose. Non non madame, on connaît pas, Alex, tu ne bois pas le chocolat, TU NE LE BOIS PAS!!! Elle a fini par aller papoter avec une vieille dame Hamish en costume et coiffe, une Suellen à choucroute et mascara dégoulinant, et une punkette ressemblant à François Hadji Lazaro en perruque. Mélange improbable, et début d'une grande amitié...
Mais on n'accepte pas de bonbons et de chocolats d'inconnus.

Monsieur Motus est revenu ouvrir la porte, donc deux heures après, moyenne pondérée entre les deux estimations. Et là un bus... arrive, pour se faire astiquer de fond en comble. Le réservoir d'essence était malencontreusement placé sous le ventre du lévrier, et le gars qui faisait le plein semblait s'adonner à des pratiques contre-nature, ce qui compte tenu de notre état de fatigue nous a fait hurler de rire...

Et là... Cerise sur le gâteau, une bonne femme nous fait passer une enquête de satisfaction sur la compagnie Greyhound... ouille ouille ouille pour eux nous n'étions curieusement pas satisfaits...

Le périple pouvait ensuite continuer... Nous n'osions plus sortir du bus, tant nous flippions de nous faire piquer nos places...
Pittsburgh, Philadelphie... Puis Newark... hoho nous nous rapprochions du but...

Puis les embouteillages de New York. Au lieu de midi, nous arrivions à seize heures, heure du bouchon.

Arrivée donc avec six heures de retard et une pomme dans le bide pour toute la journée... Nous nous sommes jetés sur le premier Mc Do venu comme un serial chopeur sur une audencienne saoule en open bar. Avant de retrouver les autres au pas de charge dans un restau vénézuelien.

Ce qui s'ensuivit fut un club de blues, qui lui aussi était une mini aventure. Un batteur jointé qui semblait s'emmerder sur place, et qui, par éclairs de motivation, retapait sur sa batterie. Un guitariste électrique avec un chapeau à plumes, qui jouait de son ampli et faisait des prouesses guitaro-chorégraphiques hendrixiennes, en guitarant avec les dents, et en chantant (comme michel sardou sans michel sardou). Et un contrebassiste blanc et blond, tout sage, qu se déhanchait de temps en temps. Les consos douillaient : pour 5 dollars l'entrée, tu avais le droit, et l'obligation de prendre deux consos (à cinq dollars le coca les gars quand même!!). Nous nous sommes donc barrés à la fin de la première conso, et je me suis faite agripper par mon Mister Big perso, avec qui j'échangeais des sourires depuis l'arrivée dans le bar : un étudiant en cinéma à veste noire et jean, à joli visage, qui m'a demandé pourquoi je partais si tôt, avant de taper la papote et de me donner son numéro pour une visite de New York. Evidemment il n'y a pas eu suite, mais faut bien parler anglais un peu..

Deux heures du mat' j'ai des frissons je claque des doigts et je monte le son... ou pas. On est rentrés à l'auberge... tout simplement.

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